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Algérie : Amnesty exhorte l’abandon des charges portées contre trois défenseurs des droits de l’homme

Radio M | 17/05/21 15:05

Algérie : Amnesty exhorte l’abandon des charges portées contre trois défenseurs des droits de l’homme

Amnesty International demande aux autorités algériennes d’abandonner immédiatement toutes les charges portées contre les défenseurs des droits humains Kaddour Chouicha, Jamila Loukil et Said Boudour, ainsi que 12 autres militants du Hirak qui risquent tous la peine de mort ou de longues peines de prison sur la base de fausses accusations de « participation à une organisation terroriste » et « complot contre l’État » en lien avec leur participation à des manifestations pacifiques, a déclaré Amnesty International avant l’audience du 18 mai.

‘’Le professeur d’université Kaddour Chouicha et les journalistes Jamila Loukil et Said Boudour sont membres de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) et participent au mouvement Hirak appelant à un changement politique radical en Algérie à travers une série de manifestations largement pacifiques depuis février 2019’’, indique l’organisation dans un communiqué.

« Nous sommes profondément préoccupés par cette affaire contre de courageux défenseurs des droits humains. Il s’agit d’une nouvelle tendance inquiétante des autorités algériennes utilisant la législation liée au terrorisme pour réprimer les droits à la liberté de réunion et d’expression pacifiques avant les élections prévues en juin. Ces accusations ne sont qu’un écran de fumée pour réduire au silence la voix de ces défenseurs des droits humains et réprimer leur militantisme », a déclaré Amna Guellali, directrice adjointe d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

« Nous exhortons les autorités algériennes à mettre fin à ces procès contre les défenseurs des droits humains, les militants du Hirak et garantir les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique à la veille des élections législatives de juin. »

Les accusations portées par le procureur reposent sur des allégations selon lesquelles ils sont liés au mouvement politique islamiste illégal Rachad, que les autorités ont accusé d’avoir infiltré le mouvement Hirak dans le but de le discréditer. Kaddour Chouicha, Jamila Loukil et Said Boudour nient toute affiliation avec Rachad. Le 18 mai, la chambre d’accusation du tribunal d’Oran décidera s’ils resteront libres en attendant leur procès ou s’ils seront maintenus en détention provisoire, qui peut aller jusqu’à 16 mois, déplore Amnesty.

Selon Amnesty, les autorités algériennes ont intensifié leur répression contre les militants du Hirak ces derniers jours, avec au moins 44 manifestants arrêtés et poursuivis pour avoir participé à des manifestations pacifiques le 14 mai. Au total, au moins 124 militants sont actuellement détenus en Algérie en raison de leur participation aux manifestations, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), un observatoire local.